Lar9_philippo_001z.jpgLa majorité lance un grand débat sur l'identité nationale. Que signifie être français aujourd'hui ? J'ai quelque chose à dire à la majorité : l'identité nationale ne se définit pas, elle est et c'est tout. L'identité nationale ne nous appartient pas, elle appartient pour moitié aux générations de français qui nous ont précédé et pour moitié aux générations qui vont nous suivre. La France c'est avant tout un passé et un avenir. Être français c'est admettre faire partie des héritiers des premiers, et préparer la vie des seconds.

Qu'est-ce que la France ? La France est un pays né de l'effondrement de l'Empire Romain et du mélange de cultures qui en a résulté. Un socle gallo-romain, une aristocratie germanique, un territoire cloisonné par les Pyrénées, les Alpes et le Rhin et mille années d'Histoire avec des brassages de population divers et variés, voilà ce qui a donné la France. Être français, est-ce descendre d'ancêtres français ? Je pense que personne ne peut assurer en France qu'il descend en majorité des Franc. Même l'auto-proclamé duc d'Orléans ne peut se prétendre français de pure souche.

Le président parle de la terre, qui serait un élément déterminant dans l'identité nationale. Qu'est-ce que ça veut dire ? Ca veut dire que les personnes qui ne sont pas attachés à la terre ne sont pas français ? Ou encore qu'être français c'est vivre en France ? Dans le premier cas, je n'ai aucune racine précise, étant descendant d'immigrés et de travailleurs plutôt nomades. Dans le second cas, les expatriés ne sont plus français et les immigrés le sont ? Je pense que c'était plus des paroles en l'air pour faire plaisir aux agriculteurs qu'autre chose.

Alors qu'est ce qu'être français ? Pour moi être français c'est avant tout respecter les valeurs de laRépublique française, celles qui sont inscrites dans la constitution. La liberté, l'égalité, la fraternité, la laïcité en font partie, ainsi que l'attachement aux droits de l'homme. Le droit du sol ou le droit du sang ne sont pas suffisant à mon avis, avis partagé par l'hérétique qui propose une citoyenneté à points. C'est une bonne idée, pas parfaite, peut être pas applicable à tout le monde, mais je n'en vois pas de meilleure et ça peut constituer une bonne piste de réflexion pour l'acquisition de la nationalité.

Le débat sur la citoyenneté peut difficilement être séparé de celui sur l'immigration et à propos d'immigration, il y a pas mal d'erreurs commises par notre pays. Premièrement, il faut bien distinguer immigration de peuplement et immigration de travail, ce qui n'est pas toujours le cas. Je pense qu'on ne doit pas forcer un étranger à devenir français s'il veut travailler en France, car sinon les gens ne demanderons la nationalité que pour cela. Un étranger doit pouvoir devenir français s'il le souhaite vraiment et qu'il ait besoin de passer un "examen" pour cela, je trouve ça normal. Après, en ce qui concerne l'intégration, elle se fera toute seule si on règle les problèmes de manque mixité sociale et d'égalité républicaine. L'intégration des enfants d'immigrés se fait avant tout à l'école, celle des immigrés au travail (avec éventuellement des passages à l'école pour eux aussi), mais pas dans les ministères.

Je proposerais aussi de cesser d'autoriser la double nationalité. Franchement, je suis sûr que je vais choquer, mais je trouve que ça ne rime à rien. Peut on être français et d'une autre nationalité en même temps ? Je pense qu'il faut apprendre à choisir. Je suis d'accord pour accorder la nationalité française à des étrangers, pour donner la double nationalité aux mineurs, mais il faut que l'acquisition définitive de la nationalité française entraîne la perte de l'autre. Je comprends très bien qu'on soit attaché à ses racines, je suis fier des miennes personnellement, mais je ne vois pas pourquoi on devrait officialiser ça. Bien sûr il faudrait accorder des avantages pour obtenir une carte de séjour quand on a de la famille française, accorder des facilités de retour à la nationalité française pour ceux qui l'ont perdu et assurer des droits à peu près équivalents aux étrangers en France, à quelques exceptions près comme le vote pour les législatives, les présidentielles et les régionales.